On oppose souvent deux façons d’envisager un voyage.
Il y a la destination : le point d’arrivée, l’objectif que l’on veut atteindre.
Et puis il y a le chemin : tout ce que nous allons vivre, apprendre, découvrir et parfois surmonter pour y parvenir.
On entend d’ailleurs souvent cette idée : ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin.
Mais si nous oubliions une troisième dimension ?
Une dimension peut-être encore plus déterminante.
Ceux avec qui nous choisissons de faire le voyage.
Car un chemin n’est jamais tout à fait le même
selon les personnes avec lesquelles nous le parcourons.
Et si cette idée était aussi l’une des meilleures métaphores du management ?
1 — LA DESTINATION : SAVOIR OÙ L’ON VEUT ALLER
Dans l’entreprise, la destination porte différents noms.
Objectifs.
Résultats.
Transformation.
Développement.
Performance.
Projet stratégique.
Et cette destination est nécessaire.
Sans destination, difficile de donner une direction.
Les organisations consacrent donc beaucoup de
temps à définir leur vision, leurs objectifs, leur stratégie, leurs plans d’action, leurs indicateurs et les différentes étapes permettant d’arriver au résultat attendu.
Sur le papier, le chemin paraît parfois presque évident.
Nous sommes ici. Nous voulons aller là. Voici comment nous allons y parvenir.
Puis le voyage commence.
Et la réalité s’invite.
Un imprévu.
Une difficulté technique.
Une tension dans l’équipe.
Une personne qui doute.
Une autre qui s’épuise.
Une compétence qui manque.
Une priorité qui change.
Des ressources qui diminuent.
Un conflit qui apparaît.
Une décision qui ne produit pas les effets
attendus.
Un obstacle que personne n’avait anticipé.
Et soudain, le chemin parfaitement dessiné sur la carte ne ressemble plus vraiment au chemin que l’équipe est en train de parcourir.
C’est précisément à cet endroit que commence véritablement le management.
2 — CONSTITUER LE COLLECTIF : CHOISIR AVEC QUI FAIRE LE VOYAGE
Avant même de se demander comment mobiliser les personnes, une question se pose :
Avec qui allons-nous faire le voyage ?
Qu’il s’agisse de recruter un collaborateur, de constituer une équipe, une équipe projet, un groupe de travail ou un comité de direction, l’enjeu ne consiste pas simplement à additionner des compétences.
Il s’agit de construire un collectif capable
d’avancer ensemble.
Cela suppose de regarder les expertises, bien sûr, mais également les personnalités, les expériences, les complémentarités, les façons de communiquer, les capacités d’adaptation et les manières différentes d’aborder une difficulté.
Une équipe performante n’est pas nécessairement composée de personnes qui se ressemblent.
Elle peut justement tirer sa force de ses différences : de parcours, de compétences, de générations, de personnalités et de regards.
Mais il existe également une autre dimension essentielle : LES VALEURS.
Car les compétences permettent de savoir ce que chacun peut apporter au voyage. Les valeurs déterminent souvent comment nous allons choisir de le vivre ensemble.
Respect.
Confiance.
Responsabilité.
Solidarité.
Engagement.
Équité.
Les valeurs ne peuvent pas rester quelques mots affichés sur un mur ou inscrits dans une charte. Elles prennent leur véritable sens lorsqu’elles deviennent des repères dans les décisions, les comportements et les relations, notamment lorsque le chemin se complique.
Tout l’enjeu consiste donc à ne pas subir les différences, mais à en faire une richesse collective, autour de valeurs réellement partagées et incarnées.
Le rôle du manager n’est pas de demander à chacun de marcher exactement de la même manière.
Il est de permettre à des personnes différentes d’avancer dans la même direction.
3 — DONNER DU SENS : UNE DESTINATION NE SUFFIT PAS, ELLE DOIT DONNER ENVIE D’AVANCER
Un objectif peut être parfaitement clair et ne mobiliser personne.
Parce que comprendre où l’on doit aller ne signifie pas nécessairement comprendre pourquoi cela vaut la peine d’y aller.
Manager, ce n’est donc pas uniquement fixer un objectif.
C’est être capable de lui donner du sens.
Pourquoi faisons-nous cela ?
À quoi contribuons-nous ?
Pourquoi cet objectif est-il important ?
Quelle sera notre contribution collective ?
Et quelle place chacun pourra-t-il prendre dans cette aventure ?
Un objectif devient véritablement mobilisateur
lorsqu’il ne constitue plus seulement une demande de l’organisation, mais qu’il devient une direction que l’équipe peut comprendre et s’approprier.
4 — MOBILISER : FAIRE DU GROUPE UN COLLECTIF
Avoir réuni les bonnes personnes et donné une destination ne garantit pas que le voyage sera réussi.
Encore faut-il parvenir à créer une dynamique collective.
C’est ici que le leadership du manager prend toute sa dimension.
Mobiliser, ce n’est pas simplement demander aux personnes d’avancer.
C’est créer de la confiance.
Favoriser l’implication.
Développer la coopération.
Faire émerger les complémentarités.
Donner de l’autonomie.
Reconnaître les compétences.
Créer de la synergie.
Et surtout, incarner les valeurs que l’on souhaite voir vivre dans le collectif.
Car les valeurs d’une équipe ne se décrètent pas.
Elles se démontrent.
Elles se vivent.
Et le comportement du manager constitue souvent l’un des premiers repères permettant au collectif de comprendre ce qui est réellement important.
5 — FAIRE FACE AUX DIFFICULTÉS : C’EST LÀ QUE LE COLLECTIF SE RÉVÈLE
Lorsque tout fonctionne, que les ressources sont disponibles, que les résultats sont au
rendez-vous et que le chemin correspond au plan initial, avancer ensemble paraît relativement simple.
Mais lorsque surviennent les difficultés, les qualités humaines deviennent déterminantes.
RÉSILIENCE.
CONFIANCE.
SOLIDARITÉ.
ENGAGEMENT.
ADAPTABILITÉ.
COMPLÉMENTARITÉ.
COURAGE.
Sur un chemin difficile, tout le monde n’avance pas à la même vitesse.
L’un peut avoir besoin de ralentir.
Un autre peut douter.
Un collaborateur peut momentanément manquer de ressources.
Un autre possède justement la compétence qui permettra de franchir l’obstacle.
Parfois, quelqu’un tombe.
Et quelqu’un d’autre lui tend une corde.
C’est exactement ce que raconte l’image qui accompagne cet article.
Le collectif prend alors tout son sens.
Car la force d’une équipe ne se mesure peut-être pas uniquement à la vitesse à laquelle elle avance lorsque tout va bien, mais aussi à sa capacité à ne laisser personne seul lorsque le chemin devient difficile.
6 — ADAPTER SON MANAGEMENT : COMPOSER AVEC LA RÉALITÉ HUMAINE
Manager ne signifie pas traiter tout le monde de la même manière.
Les personnes n’ont ni les mêmes forces, ni les mêmes fragilités, ni les mêmes besoins à chaque étape du voyage.
Le rôle du manager est donc de savoir observer.
Comprendre qui a besoin d’autonomie.
Qui a besoin d’être accompagné.
Qui peut prendre le relais.
Qui possède une compétence utile à cet instant.
Qui peut aider un autre membre du collectif.
Qui commence à s’épuiser.
Et parfois comprendre qu’un collaborateur qui s’arrête quelques instants n’a pas nécessairement renoncé au voyage : il a peut-être simplement besoin de reprendre des forces pour continuer.
Manager, c’est composer avec cette réalité humaine plutôt que chercher à l’effacer.
Ce n’est pas abaisser le niveau d’exigence.
C’est chercher les conditions permettant à chacun de donner le meilleur de lui-même au service du collectif.
7 — SÉCURISER ET RÉGULER : NE PAS
LAISSER LES TENSIONS DEVENIR DES FRACTURES
Tout voyage collectif connaît des désaccords.
Des incompréhensions.
Des frustrations.
Des intérêts parfois divergents.
Des tensions.
Et parfois des conflits.
Le rôle du manager n’est pas d’imaginer qu’il pourra tous les éviter.
Il est de créer suffisamment de sécurité et de confiance pour qu’ils puissent être exprimés et régulés.
Écouter.
Faire circuler la parole.
Clarifier les incompréhensions.
Recadrer lorsque cela devient nécessaire.
Réaffirmer les règles et les valeurs communes.
Traiter les tensions avant qu’elles ne deviennent
des fractures.
Le manager ne doit donc pas porter tout le monde sur son dos.
Son rôle est plutôt de créer les conditions permettant au collectif de mobiliser ses propres ressources.
C’est aussi cela, le leadership.
Ne pas uniquement regarder la destination.
Regarder régulièrement derrière soi.
Observer où en est le collectif.
Voir celui qui avance.
Celui qui décroche.
Celui qui doute.
Celui qui peut aider.
Celui qui a besoin de l’être.
Et maintenir suffisamment de cohésion pour que le groupe continue d’avancer.
8 — GARDER LE CAP : LA STRATÉGIE NE FAIT PAS LE VOYAGE
Une organisation peut disposer d’une excellente stratégie.
D’objectifs parfaitement définis.
D’indicateurs précis.
D’un plan d’action rigoureux.
De moyens importants.
Tout cela compte.
Mais aucun PowerPoint, aucun tableau de bord et aucun plan stratégique ne franchira les obstacles à la place des équipes.
UNE STRATÉGIE NE SE MET PAS EN ŒUVRE TOUTE SEULE.
CE SONT DES FEMMES ET DES HOMMES QUI LA FONT VIVRE.
Et c’est probablement l’un des grands enjeux du management aujourd’hui et pour les années qui viennent : réussir à conjuguer exigence de performance et intelligence humaine.
Derrière chaque objectif se trouvent des personnes.
Avec leurs talents.
Leurs expériences.
Leurs motivations.
Mais également leurs doutes, leurs limites et leurs moments de fatigue.
Et derrière le collectif se trouvent aussi des valeurs qui doivent permettre de continuer à avancer ensemble lorsque le chemin réel ne ressemble plus au chemin prévu.
9 — FAIRE DU FEEDBACK : APPRENDRE PENDANT LE VOYAGE
Le feedback ne doit pas attendre l’arrivée.
Il accompagne le voyage.
Dire ce qui fonctionne.
Reconnaître un progrès.
Alerter lorsqu’une trajectoire doit être corrigée.
Permettre à chacun de comprendre son impact.
Ajuster les comportements.
Apprendre des difficultés rencontrées.
Le feedback permet de transformer l’expérience en apprentissage.
Il ne sert pas seulement à corriger.
Il permet aussi de faire grandir.
Le manager devient alors celui qui aide chacun à tirer des enseignements du chemin parcouru, individuellement comme collectivement.
10 — RECONNAÎTRE : UNE FOIS ARRIVÉS, REGARDER LE CHEMIN PARCOURU
Lorsque l’objectif est enfin atteint, il reste une dernière étape.
Une étape que l’on oublie parfois dans la course vers l’objectif suivant.
Se retourner et regarder le chemin parcouru.
Comprendre ce qui a fonctionné.
Identifier ce qui aurait pu être différent.
Transformer les difficultés rencontrées en apprentissages.
Permettre à chacun de grandir grâce à l’expérience vécue.
Et surtout : RECONNAÎTRE LES CONTRIBUTIONS.
Pas uniquement celle de celui qui était devant lorsque l’équipe a franchi la ligne d’arrivée.
Mais aussi celle de celui qui a trouvé un autre passage.
De celle qui a maintenu la cohésion.
De celui qui a partagé son expertise.
De celle qui a alerté au bon moment.
De celui qui a tendu la corde lorsque quelqu’un était en difficulté.
Reconnaître avec équité et justesse ce que chacun a apporté au collectif.
Parce qu’une réussite collective n’efface pas les contributions individuelles.
Elle leur donne du sens.
ALORS, QU’EST-CE QUI COMPTE VRAIMENT ?
La destination ?
Oui. Parce qu’elle donne une direction.
Le chemin ?
Évidemment. Parce qu’il nous transforme.
Mais il manque peut-être une troisième dimension à cette réflexion.
LA COMPAGNIE.
Les personnes avec lesquelles nous allons avancer, apprendre, douter, réussir, échouer parfois, nous adapter, nous entraider et finalement grandir.
Et peut-être que le rôle du manager pourrait se résumer ainsi :
CHOISIR ET CONSTITUER LE COLLECTIF.
DONNER UNE DESTINATION CLAIRE, MOBILISATRICE ET PORTEUSE DE SENS.
FAIRE VIVRE DES VALEURS COMMUNES.
MOBILISER LES TALENTS ET LES COMPLÉMENTARITÉS.
CRÉER LA CONFIANCE ET LA SÉCURITÉ NÉCESSAIRES POUR AVANCER.
ADAPTER SON MANAGEMENT AUX PERSONNES ET AUX SITUATIONS.
RÉGULER LES TENSIONS ET LES CONFLITS.
ACCOMPAGNER, FAIRE DU FEEDBACK ET FAIRE GRANDIR.
RECONNAÎTRE AVEC ÉQUITÉ LA CONTRIBUTION DE CHACUN.
Et tout cela pour permettre au collectif d’atteindre la destination, sans jamais oublier ce qui fait réellement le voyage : les femmes et les hommes qui le vivent.
ET OLDEV DANS CE VOYAGE ?
Chez OLDEV, c’est précisément cette articulation
que j’ai choisi d’accompagner.
L’ENTREPRISE, pour clarifier les enjeux, accompagner les transformations et donner du sens à la destination.
LE MANAGER, pour développer sa capacité à mobiliser, accompagner, adapter, réguler et faire grandir.
LES ÉQUIPES, les équipes projet, les groupes de travail ou les comités de direction, pour renforcer la communication, la coopération, la complémentarité et l’intelligence collective.
Parce qu’une stratégie peut dessiner le chemin.
Parce que les outils peuvent faciliter le voyage.
Mais au bout du compte, ce sont toujours des femmes et des hommes qui font le chemin ensemble.
Et si nous commencions à considérer la qualité de la compagnie comme l’un des véritables leviers de la performance ?

